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Sauvignon Blanc

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    Nouvelle-Zélande : Dessine moi un Sauvignon

    3 avril 2017

     

    La Nouvelle Zélande, ce lointain pays de l’Asie Pacifique, est surtout connue pour sa nature époustouflante, son activité sismique et… ses troupeaux de moutons (tout de même 8 fois plus nombreux que la population locale, on ne peut pas les louper!). Pourtant, le vin est devenu au fil de temps un secteur très porteur pour le pays, deuxième marché export après la viande de mouton et comptant quelques 7% de croissance annuelle. Chez nous en Europe, on connaît en particulier le fameux Sauvignon Blanc de Nouvelle-Zélande, aromatique et gouleyant, très bon rapport qualité-prix, et qui nous apporte une petite touche d’exotisme dans notre consommation de vins de tous les jours.

    L’histoire du vignoble néo-zélandais

    Comme pour les autres pays dits du « Nouveau Monde », l’attrait des vins néo-zélandais sur les marchés export ne remonte qu’à quelques décennies. Pourtant les premières vignes y furent plantées il y a près de 200 ans (en 1819 exactement), lorsque les missionnaires anglais prirent possession de l’île. A l’époque cependant, la bière faisait bien davantage d’émules parmi la population et la production de vin se bornait à assouvir la consommation du cercle familial.

    Le secteur viticole néo-zélandais a ensuite connu une évolution en dents de scie au cours du 20ème siècle, tantôt aidé par les réglementations mises en place par l’état, tantôt freiné par celui-là même.

    La nature a également joué son rôle dans la partie avec l’arrivée du phylloxéra fin du 19ème siècle qui décimât une grand partie du vignoble comme un peu partout dans le monde. Mais, fait important, à la différence de l’Europe qui décida de replanter des cépages européens (du genre vitis vinifera) sur des porte greffes résistants américains, la Nouvelle Zélande prît la décision de planter des hybrides américains très productifs mais moins qualitatifs. Le pays paiera cette mauvaise décision des décennies plus tard lorsque la recherche de qualité deviendra la principale préoccupation des producteurs souhaitant conquérir les marchés export. Il leur faudra alors arracher une bonne partie de leurs vignes pour replanter des cépages dits plus « nobles ».

    Petite parenthèse sur les effets pervers que les réglementations peuvent avoir parfois 🙂

    Afin de lutter contre l’alcoolisme, une loi fut instaurée après la première guerre mondiale interdisant les débits de boissons alcoolisées après 18h. Cette loi n’eut qu’un effet : les hommes sortant du travail à 17h se ruaient dans les bars pour siphonner un maximum d’alcool dans l’heure et s’enivrer. On comprend dans ce contexte que la recherche de qualité n’était pas la première préoccupation des producteurs… ni des consommateurs! D’ailleurs si vous rentrez dans certains bars d’époque à Auckland, vous remarquerez les immenses comptoirs d’origine, conçus pour servir un maximum de consommateurs en parallèle. La loi fut finalement assouplie en 1960… et autorisa les débits de boissons alcoolisées jusqu’à 22h. Ouf 🙂

    Le premier marché export des vins néo-zélandais s’est naturellement porté sur l’Angleterre, et ce depuis les années 60. Mais quelques années plus tard, l’entrée de l’Angleterre au sein de l’Union Européenne porta un coup important aux produits d’export de Nouvelle Zélande, et marqua un tournant vers une recherche accrue de qualité. A cette époque aussi, la Nouvelle Zélande dût faire face à une nouvelle menace : l’arrivée sur le marché d’un autre pays producteur du nouveau monde tout proche, l’Australie!

    En 1998, la Nouvelle Zélande signe avec les Etats-Unis, le Chili, l’Argentine et l’Australie notamment un accord de commerce international, le World Wine Trade, accord définissant les pratiques œnologiques et de viticulture autorisées afin d’exporter le vin produit vers ces différents pays. Cet accord permit aux vins néo-zélandais de connaître un nouvel essor, en particulier vers les Etats-Unis et l’Australie.

    Une situation géographique et géologique particulière


    La Nouvelle Zélande est composée de deux îles, pratiquement appelées « île du Nord » et « île du Sud », et se situe à 1600 kilomètres de l’Australie. La situation géologique particulière de la Nouvelle-Zélande, entre les plateaux de l’Australie et du Pacifique, lui confère une activité sismique importante (dernier tremblement de terre notable au mois de Novembre dernier) et des sols de type volcanique, ces deux éléments ayant une influence sur les caractéristiques des vins produits.

    Le climat maritime y est également plus frais et pluvieux qu’en Australie, conférant un double avantage aux néo-zélandais dans l’élaboration de vins : d’une part un moindre besoin d’irrigation (élément non négligeable face aux problématique du réchauffement climatique), d’autre part un climat moins propice au développement de maladies cryptogamiques et de ce fait la possibilité de développer une agriculture durable plus respectueuse de l’environnement (moins de besoin de pesticides). A ce sujet, j’ai pu noter un réel engouement des vignerons pour la production de vins bios, bien davantage qu’en Australie ou en Afrique du Sud 🙂

    Le climat très différent de celui que l’on retrouve en Australie explique également l’expansion extraordinaire d’autres cépages phares. Ici, vous trouverez très peu de Shiraz, mais plutôt du Sauvignon Blanc et du Pinot Noir, deux cépages qui se développent très bien dans des régions plus fraîches (il suffit de regarder où l’on retrouve ces deux cépages en France). Pour la petite histoire, c’est un producteur de Sauvignon australien qui détectera le potentiel du climat et du terroir néo-zélandais pour le cépage et qui le développera sur l’île du sud.

    Et sinon, qu’est-ce qu’on boit? 🙂

    La principale région de production est Marlborough, située au Nord Est de l’île du Sud, avec la production de ses Sauvignons aromatiques très prisés à l’étranger (rapport qualité prix imbattable) allant des arômes végétal / pipi de chat aux arômes de fruits à noyaux et de citrus. C’est dans cette région que se sont implantés la plupart des investisseurs étrangers et que l’on retrouve de grandes marques internationales, comme Cloudy Bay ou Villa Maria. Pour vous donner une idée de la fulgurance de son développement, la région est passée d’une production de 25.000 tonnes de raisins en 2000, à plus de 330.000 tonnes aujourd’hui! Il est aisé de produire du Sauvignon dans la région, à fort rendement et à l’aromatique marquée. C’est typiquement le genre de produit que le consommateur moyen réclame un peu partout dans le monde : un vin facile, gouleyant et fruité. Recette gagnante pour la région.

    Je vous invite à sortir des sentiers battus et à essayer de dénicher des vins d’autres régions de Nouvelle Zélande, encore confidentiels mais qui tout doucement commencent à obtenir une belle reconnaissance sur nos marchés. Citons les régions de Central Otago, Nelson, Waitaki Valley sur l’île du Sud pour la fraîcheur et la belle expression du fruit de leur Pinot Noir, ainsi que Martinsborough et Hoaksbay sur l’île du Nord, ce dernier commençant à se démarquer avec ses très beaux Cabernet Sauvignon.