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Biodynamie

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    Vins bio, biodynamique, nature, de quoi s’agit-il ?

    16 décembre 2016

    Vous l’avez sûrement déjà remarqué, vous l’avez peut-être même recherché, certains d’entre vous ont décidé de ne plus s’en passer. Je parle du fameux petit logo blanc et vert que l’on retrouve sur les étiquettes des bouteilles de vin, comme autant de promesse d’un vin de qualité.

    Vous avez dit « bio » ?

    Commençons par le commencement. C’est quoi pour vous un vin « bio » ?
    Vous savez déjà que ce n’est pas un vin sans sulfites (et si vous l’avez oublié, relisez vite mon article sur les sulfites ici)!
    Un vin sans OGM ? Un vin issu de l’agriculture biologique ? Un vin sans intrant ? …?
    D’accord, arrêtez de vous creuser les méninges, je vais vous aider à démêler tout ça 🙂

    Avant 2012, un vin dit « bio » était en réalité un vin « issu de la viticulture biologique », c’est-à-dire produit à partir de raisins certifiés en agriculture biologique, à savoir:

    • pas d’utilisation de pesticides de synthèse,
    • pas d’OGM,
    • pas d’herbicides,
    • une utilisation limitée de sulfites,
    • et tout cela depuis au moins 3 ans (le temps que le sol évacue toutes les crasses amenées antérieurement par une viticulture traditionnelle).

    Pas mal me direz-vous. Oui mais! On ne parle ici que du travail de la vigne. Une fois les raisins acheminés dans le chai, le vigneron pouvait faire absolument ce qu’il voulait: sulfiter, levurer, thermovinifier, etc.

    Du coup, vous l’avez compris, le vin que vous retrouviez dans votre bouteille certifiée « bio » n’avait dans certains cas plus grand chose de bio…

    En 2012, l’Europe a donc décidé de revoir sa copie et ainsi d’étendre la notion de « bio » à l’ensemble du processus de vinification. Désormais, certaines pratiques et intrants œnologiques qui « dénaturent » le raisin ou le vin produit sont interdits dans l’élaboration d’un vin « Bio ».

    Ouf, on peut désormais se fier au petit logo sur l’étiquette (enfin pour les millésimes 2012 et ultérieurs)! 😉

    Logo vin « biologique »                         Logo vin « issu de la Viticulture biologique »

     

    Vins biodynamiques, vins natures, c’est quoi ?

    Les vins issus de la biodynamie et les vins dit « nature » ou « naturel » suivent le cahier des charges du bio mais vont encore plus loin.

    La biodynamie consiste à rééquilibrer et vitaliser la vie organique au sein des vignes, dans le but de mieux respecter l’environnement et de permettre la plus juste expression du terroir dans les vins. Pour ce faire, le vigneron « dynamise » la plante et son environnement en projetant à doses homéopathiques et à des moments bien déterminés (en fonction des cycles lunaires et des positions planétaires) des préparations issues de matières végétales, animales ou minérales, favorisant ainsi le développement de la plante et sa résistance aux maladies. La plupart des biodynamistes vous le diront : le vin se fait à 90% dans la vigne. Si le raisin est beau et de qualité, une fois ramassé et amené au chai, le vigneron n’a plus qu’à guider la transformation du jus en vin, en intervenant le moins possible!

    La biodynamie est pratiquée depuis des décennies (premières certifications obtenues dans les années 70) mais n’a jamais connu un tel succès et reconnaissance que ces dernières années. Peut-être parce que certains grands noms du vin, comme Parker et Jancis Robinson, en sont devenus de fervents défenseurs. Dans le vin comme ailleurs, tout n’est qu’une question de comm! 😉

    Deux labels vous permettront d’identifier sur l’étiquette un vin issu de la biodynamie : « Demeter » et « Biodyvin ».

     

    Quant aux vins « nature(l) », il s’agit de vins produits comme au temps de nos aïeux, sans utilisation d’aucun intrant qu’il soit chimique ou naturel. Les raisins sont cueillis à maturité, consciencieusement sélectionnés (les raisins trop verts ou trop mûrs sont exclus), et mis en cuve pour une fermentation naturelle. Après fermentation (qui peut du coup prendre des mois car elle n’est pas facilitée par l’adjonction de sulfites ou de levures sélectionnées), le vin ainsi produit peut-être soit directement mis en bouteille soit rester en élevage quelques mois voire années avant d’être commercialisé.

    Même si cela paraît très beau sur papier, les vins natures trouvent de nombreux détracteurs dans la profession. Outre le fait qu’il n’existe aujourd’hui aucune législation en la matière permettant d’en définir précisément le concept et sa mise en pratique, les vins natures sont souvent taxés d’être gustativement mauvais – voire dégueulasses – et qu’ils ne peuvent vieillir en bouteille. Si cela était vrai aux premières heures des vins natures, ce l’est de moins en moins, du fait de l’attention croissante apportée à la qualité des raisins et aux conditions de vinification et de stockage des vins. En ce qui concerne la capacité de vieillissement, il est selon moi encore trop tôt pour se faire un avis définitif, tellement le phénomène est récent. Verdict dans quelques années.

    Pour ma part, j’avoue être fan du concept et j’ai apprécié la plupart des vins natures que j’ai eu l’occasion de déguster ces dernières semaines. Soyez donc surs d’en retrouver dans mon bar à vin dès mon ouverture! Et d’ici là, faites vous votre propre avis! 😉
    Les vins natures sont généralement identifiables via l’inscription « vin nature(l) » , « vin AVN » ou « vin S.A.I.N.S. » (Sans Aucun Intrant Ni Sulfites ajoutés) sur l’étiquette.

     

    Et en chiffres on parle de quoi ?

    En 2015, les vins biologiques représentaient 16% du vignoble français. En soi, cela ne paraît pas énorme et pourtant l’on vient de loin. Les chiffres explosent ces dernières années et la tendance devrait se confirmer grâce à la demande croissante du marché (français et export!) pour les produits disposant du précieux label, ainsi qu’à la démarche volontariste des producteurs, soucieux de pérenniser leurs vignes à long terme. L’Espagne et l’Italie suivent aussi cette démarche. Reste à convaincre les autres pays producteurs européens et mondiaux de l’importance du sujet.

    Et pour les vins biodynamiques et natures ? Il restent aujourd’hui peu représentatifs en volume de production même si leur voix commence enfin à être entendue. En France, on parle d’environ 600 producteurs biodynamiques contre une cinquantaine de producteurs natures.

     

    Longue vie au « bio » ?

    Si bon nombre de vignerons n’ont pas encore franchi le pas du bio, c’est avant tout pour des raisons économiques ou par tradition.
    Certains vignerons ont investi avant 2012 dans du matériel de vinification coûteux qui n’est aujourd’hui plus accepté par le cahier des charges bio (ex l’électrodialyse utilisée pour stabiliser la couleur des vins rosés). D’autres craignent de voir leurs récoltes détruites lors d’une mauvaise année parce qu’ils n’auront pas pu utiliser les traitements préventifs traditionnels sur leurs vignobles. Il est vrai que la réglementation bio est très stricte sur le sujet. Pulvérisez une année et vous perdrez la certification bio pendant au minimum 3 ans! Comment expliquer cela aux consommateurs?
    Produire du « bio » coûte également plus cher en main d’œuvre, certaines opérations devant être réalisées manuellement lorsque les produits chimiques sont exclus.

    Heureusement, de nouvelles solutions « bio » sont étudiées et testées chaque année afin de répondre aux besoins des vignerons. Un jour peut-être n’y aura-t-il plus de raison de ne pas être « bio ».

    Et quand ce jour viendra, mieux vaudra être du côté de ceux qui portent le label bio sur leurs étiquettes, sous peine d’être balayé par les consommateurs avertis et exigeants du monde entier!  🙂