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    Le vin suisse, un secret (trop) bien gardé

    13 novembre 2016

    Connaissez-vous le vin suisse ? En avez-vous déjà dégusté… en dehors de la Suisse ?

    Avant mon petit séjour dans les montagnes valaisannes il y a de ça deux semaines, j’avoue que mon intérêt pour le vin de ce beau pays était pour le moins limité. De la maigre expérience que j’en avais, le vin suisse c’était avant tout le « Fendant » du Valais (vin blanc sec à se siffler sur une bonne fondue), un vin peu qualitatif, cher, et difficile à trouver en dehors des stations de ski alpines… Bref, on ne peut pas dire que le vin me faisait rêver 😉

    Heureusement, mes hôtes suisses m’ont permis, au fil de promenades dans les vignobles et de dégustations en cave, de mieux comprendre le marché, d’apprécier les vins et surtout de revenir sur certains à priori. Analyse.

    Le vin suisse, une denrée rare ?

    Qu’on se le dise, la Suisse n’est pas le pays le plus représenté sur les cartes des vins au resto ou encore sur les étalages des cavistes en France. La, je ne vous apprends rien.  En fait, il n’y a pas de mystère : sur le million d’hectolitres de vin produit en Suisse chaque année, seulement 1% se retrouve à l’export. Un pourcent! Rapide calcul, cela nous donne 1,3 million de bouteilles réparties entre une quarantaine de pays consommateurs. A ce stade, on peut parler de vin rare. Et ce qui est rare est… précieux.

    Tel Gollum veillant sur son anneau, les Suisses préfèrent garder leur vin… pour eux. Chauvinisme ? Peut-être, mais pas que! 🙂

    Les Suisses sont très friands de vin. Avec une moyenne de consommation de 42 litres par an par habitant, les Suisses ratent de peu la 3ème marche du podium mondial (derrière respectivement l’Italie, La France et le Portugal). Pour répondre à la demande, la production intérieure est indispensable mais insuffisante. Les Suisses sont donc également de grands importateurs de vins : 1,7 million d’hectolitres par an! Dans ce contexte d’offre locale limitée, on comprend pourquoi les Suisses n’exportent pas leur « Précieux ». Mais ce n’est pas la seule raison.

    Le vin suisse, un vin cher ?

    En termes de prix, le vin suisse a du mal à se positionner face aux vins qualitatifs des pays producteurs traditionnels. Avec des coûts de main d’œuvre qui crèvent le plafond, un coût de production élevé (les fortes pentes des coteaux rendent les vignobles difficiles d’accès et empêchent souvent toute forme de mécanisation), le prix du raisin au kilo est en moyenne 4 à 5 fois supérieur à celui des AOC de la vallée du Rhône voisine. Pour vous donner une idée, il faut compter quelques 1000 heures de travail par hectare par an dans les vignobles de montagne contre 3 à 400 en plaine. Impossible dans ces circonstances d’espérer concurrencer les vins français via un prix attractif. Du coup, le choix du producteur Suisse moyen est vite fait : entre écouler facilement sa production sur le marché intérieur ou se battre contre Goliath à l’export en s’asseyant au passage sur une partie de ses marges, la plupart optent pour la première solution. Et les quelques courageux  qui tentent l’aventure export tablent dès lors sur la rareté du produit pour taper dans la catégorie (comprendre « prix ») haut de gamme et s’y retrouver financièrement. Pas le choix!

    Le vin suisse, un vin peu qualitatif ?

    Le vin suisse est avant tout connu à l’étranger pour son Fendant. Et le Fendant n’est autre que du Chasselas, un cépage peu aromatique communément utilisé en France pour produire un simple vin de table… C’est peut-être sur ce point en particulier que le bas blesse le plus la réputation des vins suisses. Et à tort! D’une part car le Chasselas, s’il est bien travaillé, peut donner non pas de grands, mais à tout le moins de bons vins de garde, développant au fil du temps une belle complexité aromatique.

    D’autre part, la Suisse offre une diversité impressionnante de cépages autochtones qu’il est très intéressant de découvrir : Humagne Blanche, Heida, Gamaret, Johannisberg et j’en passe. Au total, on dénombre pas moins de 60 cépages cultivés rien que dans le Valais (sur à peine 5000 hectares). Certains vins produits à partir de ces cépages valent carrément le détour! Je vous invite à découvrir par exemple la Petite Arvine, avec ses notes caractéristiques de poire et de rhubarbe, qui se mariera fort bien avec un Roquefort ou un tartare de poisson. Il ne reste plus qu’à la dénicher 🙂

    En conclusion de mon petit tour d’horizon des vins suisses, j’avoue y avoir découvert quelques beaux joyaux parmi les cépages locaux, jalousement réservés au seul marché suisse.

    Je finirai donc cet article ainsi :

    Suisse, ô ma belle Suisse, je t’en prie, ouvre toi donc au monde et partage avec lui les pépites dont tu regorges au fond de tes vallées. Nous serons là pour les découvrir… et les promouvoir! 😉

     

     

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